C'est vrai, vous allez vous dire : " - Elle est en vacances toute
l'année". Ce n'est pas vraiment faux. Mais j'ai toujours un tout petit peu méprisé les
vacances.
Tous et toutes pensent avoir le devoir estival de partir alors que Paris est si joli, l'été, au mois d'août (pas besoin de Paris-plage, vraiment !). Les plages
sont noires de bruits et blêmes de chairs molles triturées par le soleil, dans un ciel bleu sec sans nuages. Bah !
Pas une parcelle de notre planète n'est oubliée par les touristes terroristes consuméristes.Toutes les grandes villes se ressemblent... et les cadeaux de souvenirs... et
les photos de vacances... par pitié !
Les vacances existent juste pour que les journalistes peuvent claironner dans leur mortel ennui que la moitié des français ne partent
pas, eux. Que serait le bonheur sans le malheur des autres, n'est-ce pas ? Quel serait le bonheur d'être riche sans "nos" pauvres, hein ?
Et puis, partir le reste de l'année, en basse saison, c'est moins cher et plus snob, eh ! Ha, le mois de juin !.. et le mois de septembre !.. Nul besoin de voyager bien loin.
Il suffit de voler en direction de Chantilly. C'est beau. C'est tellement de la joie de partir quand tout le monde travaille. Bref, d'être à contre-courant.
De plus, la rentrée, c'est le retour du
politique, du social, des grèves, des râleurs, des couleurs de l'automne, du mi-figue mi-raisin, du stress, des moineaux, de l'été indien, de l'agitation urbaine, bref, de tout ce que j'aime.
On penserait presque que c'est le retour du cortex.
Il n'y a qu'une chose vraiment que je
déteste à la rentrée. C'est le retour de la télé.
Oui, je sais, je sais qu'il y a une
bonne et une mauvaise télé. Mais elle me donne la nausée (bon, j'avoue que lors de mes crises existentielles semestrielles, je regarde "Plus belle la vie", mais, après, c'est encore bien
pire...). La télé, c'est comme la boîte de Pandore. Dès qu'on l'ouvre, l'horreur est partout. Pas un seul centimètre de notre terre serait généreuse et bonne. Que des affreux (ses), des
méchant(e)s, des pervers(es). Elle fait un bruit nauséabond et elle fait peur. Son message : restez tranquille chez-vous, dehors la terre tremble ! Vous n'êtes pas heureux ? Mais regardez donc
ailleurs, c'est pire ! ... alors estimez vous chanceux !
Il fait encore
beau.
Sortez, allez aux terrasses, jouez
aux cartes, parlez, mettez vous au vert, faites des folies de votre corps, faites corps avec vos folies, créez un nouveau parti politique, une association de malfaiteurs, un club de farniente,
l'oisiveté est mère de tous les délices, faites un effort pour parfaire votre destinée, regardez-vous dans la glace avec fierté, tournez-vous les pouces, secouez-vous les puces, soyez
troubadours, jouez aux princesses, rêvez, dansez, grillez-en une, une autre, tout le paquet, offrez-vous une bonne bouteille de champagne, faites de la boulimie, devenez anorexique, lisez de la
poésie irlandaise à haute-voix, aimez-vous les uns les autres, soyez fâchés contre vos voisins, torturez-vous les neurones, cherchez midi à quatorze heures, Punaise !.. révoltez-vous un peu que
Diable !, prenez un rendez-vous mondain avec le
Dalaï-Lama, intriguez, battez-vous en duel, cuisinez, surfez sur meetoc, devenez anachorètes, allez dans des clubs louches, assumez vos perversités, faites l'ange et la bête, priez Dieu,
devenez fervent(e) athé(e), marchez au hasard, une rue, un labyrinthe, une impasse, un boulevard, un carrefour,
un banc, un square, une rencontre... enfin faites, évidemment, tout ce qui vous plaira de faire... mais, de grâce, de grâce... éteignez vos télés !..
Je voulais juste
vous faire un petit signe de la rentrée.
Voilà qui est fait.